Bilan du festival Serie Mania

serie mania

 

Cette 7 ème saison du festival de séries internationales qui s’est tenu au Forum des images, a été une fantastique occasion de découvrir de nouvelles productions, de rencontrer des professionnels et de voir évoluer l’univers de la série.

Un jury de choix, une programmation remarquable, des invités passionnés et passionnants, une équipe de choc, bref… to be continued.

Impossible de tout voir et de tout faire bien sûr, et je ne vais pas non plus vous détailler les rencontres et remises de prix, car vous pouvez retrouver tout cela, et plus encore, sur le site du festival :

 

http://series-mania.fr/

 

Voici donc ici,  3 tops 3 de ce que j’ai préféré !

 

 

Coup de cœur séries :

 

Man in High Castle

 

Dernière née d’Amazon et malheureusement pas encore programmée en France, cette fiction est issue des concours de pilote qu’organise Amazon 2 fois par an. On est fan de la méthode et assez scotché par le résultat. Une série adapté d’un roman dystopique de Philip K. Dick : en 1947, l'Allemagne nazie et l'Empire du Japon, ont remporté la Seconde Guerre mondiale et se sont partagés l'occupation des États-Unis.

Un sujet moralement très dur à l’évidence, et assez difficile à encaisser les premières minutes, mais le réalisme visuel créé une véritable surprise, et on se laisse finalement  prendre a ce jeu terrible du « as if… »

 

Jour Polaire

 

Création originale de Canal + qui sera diffusée en septembre prochain. A la lecture du pitch, on était assez septique, car finalement ça nous semblait assez redondant : Björn Stein et Måns Mårlind, showrunners Suédois de Bron, déjà repris par Canal + avec Tunnel, semblaient réchauffer la soupe : 2 flics de nationalités différentes enquêtent sur une série de crime « internationaux » … Mais bon, on a encore craqué pour le côté nordique, la touche d’humour décalée, les paysages sublimes et une musique prenante.

Après l’effet « salle de cinéma » n’y est pas pour rien, et une fois passé sur le petit écran, on garde à l’esprit qu’il s’agira d’une belle enquête mais dans un genre qui ne laisse plus vraiment place a l’originalité. La série se voit décorée du Prix du Public (ex aequo avec la série Beau Séjour).

 

Irresponsable

 

Petite pépite de comédie française, tout droit sorti de la première promotion Série TV de la Fémis, distribuée par OCS, faite avec « peu de moyens mais beaucoup de cœur ». C’est drôle, frais et dans l’air du temps. La série nous confirme que la trentaine est une nouvelle phase de l’adolescence et que ce que la génération Y  fait de mieux, c’est finalement rire d’elle-même. Les plus grands changements de la vie sont parfois ceux auxquels on s’attend le moins, mais c’est peut-être tant mieux. Difficile d’en dire plus sans spoiler, je vous invite donc à déguster cette série en mode coca/pizza/canapé.

 

 

Nos 3 conférences favorites:

 

(que vous pouvez toutes revoir en replay sur le site)

 

Y’a-t-il un rire au féminin ? 

Présenté par un duo dynamique formé par Renan Cros et Yaële Simkovitch. On a rit (quel que soit son sexe)  et on a trouvé ça fin. Ce fut illustré d’extraits très justes mais pas forcement « les plus attendus » donc on a été agréablement surpris, bref ces 1h30 sont passés à une vitesse faramineuse.

Une conclusion qui résonne et à laquelle on adhère totalement: «  le rire dans les séries permet à la femme d’être plus réelle »

 

La rencontre avec Matthew Penn.

 C’est juste le genre de réalisateur avec qui ont aimerait travailler : il aime son métier et ça se sent. Beaucoup de « amazing », « fantastique » et « wonderful » pour désigner ses collègues, il parle de son expérience en l’illustrant d’anecdotes très drôles et  conserve un calme olympien alors qu’une coupure de courant générale plonge les Halles dans le noir (« Guys…I’m still Here ! »). En résumé, vent de charme et d’humour à l’américaine.

 

Violence des séries / violence du monde.

Une conférence qui s’annonçait dure mais nécessaire, largement illustrée par la mythique Game of Thrones, mais également, avec plus de délicatesse et de surprise par une série comme Downton Abbey. Un moment de réflexion très intense mené avec beaucoup de sagesse par Olivier Joyard et Dominique Moïsi, et qu’on aurait aimé voir durer plus qu’1h30.

 

 

 

Les trois moments dont on se souviendra :

 

-Florent Emilio-Siri, le réalisateur de Marseille déclare avoir tenté « d’apporter le cinéma dans la télé ». Une remarque accueillie par un petit vent de protestation par un public « de séries addicts » et relançant l’éternel débat Télé vs Cinéma… Mais ce qui fut vraiment intéressant est l’intervention de Pascale Breton, qui a finalement mis tout le monde d’accord : «  la télé, le cinéma…tout cela n’a pas d’importance en fait, ce qui compte c’est la création ». Merci.

 

-L’annonce de l’ouverture d’une nouvelle « case » en seconde partie de soirée qui sera réservée à la série et de l’achat de la série Mr Robot pour France 2,  la diffusion en exclusivité des 2 premiers épisodes de la série Marseille de Netflix sur TF1 a laissé tout le monde perplexe…

 

-De façon générale, toutes les invités et intervenants étrangers ont exprimés leur joie et leur gratitude d’être à Paris pour ce festival, leurs émotions face à l’accueil chaleureux que le public français avait fait à leurs projets et leur envie de voir éclore davantage de coproductions internationales avec la France. Et ça, ça fait plaisir.

 

En résumé, autant de choses qui laissent présager que la fiction française est en pleine métamorphose, qu’elle est grandement influencée et accompagnée par l’international, et qu’on attend tous avec impatience cette nouvelle ère qui arrive…

 

Céleste

 

 

 

 

 

 

UNREAL, les dessous machiavéliques de la télé-réalité

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Mercredi 20 janvier, nous avons assisté à la projection des deux premiers épisodes de la série UnReal. Cette série montre les coulisses de Everlasting, une téléréalité sur le modèle de The Bachelor, et suit Rachel Goldberg, le « sbire » de la production. Celle-ci a pour mission de créer des situations suffisamment dramatiques en manipulant les candidats afin d’assurer le show et de faire de la « bonne télévision » comme le déclare la productrice, Quinn King, une femme sans pitié prête à tout pour que son émission fasse de l’audience.

Rachel oscille entre coups-bas et culpabilité. Elle attire tantôt l’empathie par son autodestruction et ses états d‘âme et tantôt l’écoeurement par ses actes de manipulation en jouant la carte de la « confidente ». 

Les créateurs de Unreal, Marti Noxon et Sarah Gertrude Shapiro ont l’audace de s’attaquer à la télé-réalité, divertissement préféré des téléspectateurs. Exit la parodie, la série en démonte un à un les rouages.  Elle met en évidence la manipulation omniprésente et la scénarisation pointue au sein ce genre d’émission. Effectivement dans la télé-réalité, la réalité fait place à la télévision et non l’inverse. Devant ou derrière la caméra, personne n’est dupe, tout le monde calcule ses faits et gestes.

Certes, les événements scénaristiques sont souvent attendus, mais la mécanique instaurée ici fait son effet. Entre fascination, dégout et divertissement, la série saura trouver son public. Il est surprenant de pouvoir s’attacher à des personnages qui peuvent être parfois dénués de toute humanité et pourtant c’est possible. UnReal est une mise en abyme du procédé audiovisuel, une critique de la télévision par la télévision et c’est en ça qu’elle est intéressante. Elle nous confronte à notre propre voyeurisme.

Mélisande Girard