FIPA 2017: Preobrazhenie, l’ovni Russe [Film]


Prebrazhenie est un film russe créé, réalisé et écrit par Tatiana Voronetskaya & Dmitriy Sergin.

Le film est très surprenant par son fond, mais davantage par sa forme. Avant la projection les deux réalisateurs présents dans la salle, ont d’ailleurs encouragé le public à ouvrir “ son esprit et son coeur”.

L’oeuvre est très personnel puisque le réalisateur et scénariste est également le comédien qui interprète le rôle principal de Max.

Max nous narre son histoire à travers une voix-off, d’abord son enfance auprès de ses deux parents et surtout la découverte de ses dons. En effet le jeune homme réalise qu’il est capable d’entrer dans l’esprit des gens. Il nous présente les différents membres de sa famille, ainsi que les personnes qui ont eu un impact dans sa vie.

Le film adopte une manière de faire très particulière puisqu’il y a très peu de scènes où les personnages dialoguent. Tout passe par la voix de Max, on assiste alors à une succession d’images colorées mélangeant l’animation, la photographie, la vidéo, le dessin et le collage.

La seconde partie du film est centrée sur la rencontre de Max et de Véra, qui devient sa petite amie. Seuls au monde, ils partagent leurs univers. Véra peint et fait découvrir à Max la beauté de la nature. De son côté le jeune homme partage avec elle son don, et lui apprend à effacer les frontières physiques qui la séparent des objets et des gens. Il l’entraîne durant de longues heures pour qu’elle parvienne, elle aussi, à traverser les murs, et à entrer à l’intérieur de son esprit.

Ainsi ils s’enferment dans leur monde fantasque et coloré, et voyagent dans les méandres de leur esprit.

L’oeuvre russe est extrêmement singulière et désarçonnante, elle est difficilement comparable au paysage audiovisuel français. On a la sensation d’assister à une longue métaphore d’une heure et demi sur la vie, qui peut être très poétique par moment. Le manque de scène “classique” et de dialogues entre les personnages est cependant plutôt dérangeant la plupart du temps. On a l’impression d’être face à une bande-annonce géante, on ne connaît les personnages qu’à travers les mots du narrateur, ce qui installe une certaine distance entre le film et les spectateurs.

Cependant, on est forcé de remarquer l’originalité de fabrication, qui plaira aux plus téméraires.

 

 

Caroline