UNREAL, les dessous machiavéliques de la télé-réalité

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Mercredi 20 janvier, nous avons assisté à la projection des deux premiers épisodes de la série UnReal. Cette série montre les coulisses de Everlasting, une téléréalité sur le modèle de The Bachelor, et suit Rachel Goldberg, le « sbire » de la production. Celle-ci a pour mission de créer des situations suffisamment dramatiques en manipulant les candidats afin d’assurer le show et de faire de la « bonne télévision » comme le déclare la productrice, Quinn King, une femme sans pitié prête à tout pour que son émission fasse de l’audience.

Rachel oscille entre coups-bas et culpabilité. Elle attire tantôt l’empathie par son autodestruction et ses états d‘âme et tantôt l’écoeurement par ses actes de manipulation en jouant la carte de la « confidente ». 

Les créateurs de Unreal, Marti Noxon et Sarah Gertrude Shapiro ont l’audace de s’attaquer à la télé-réalité, divertissement préféré des téléspectateurs. Exit la parodie, la série en démonte un à un les rouages.  Elle met en évidence la manipulation omniprésente et la scénarisation pointue au sein ce genre d’émission. Effectivement dans la télé-réalité, la réalité fait place à la télévision et non l’inverse. Devant ou derrière la caméra, personne n’est dupe, tout le monde calcule ses faits et gestes.

Certes, les événements scénaristiques sont souvent attendus, mais la mécanique instaurée ici fait son effet. Entre fascination, dégout et divertissement, la série saura trouver son public. Il est surprenant de pouvoir s’attacher à des personnages qui peuvent être parfois dénués de toute humanité et pourtant c’est possible. UnReal est une mise en abyme du procédé audiovisuel, une critique de la télévision par la télévision et c’est en ça qu’elle est intéressante. Elle nous confronte à notre propre voyeurisme.

Mélisande Girard